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Les pratiques agropastorales

Accueil Comprendre L'agropastoralisme
01 . La conduite du troupeau 02 . La transhumance 03 . Le brûlage pastoral 04 . Le chien de protection 05 . Les soins par les plantes

Des pratiques spécifiques

Les éleveurs agropastoraux mobilisent au quotidien de nombreuses connaissances techniques. Loin d’être une pratique archaïque, l’agropastoralisme nécessite des savoir et des savoir-faire spécifiques qu’il est important de transmettre.

La conduite du troupeau

Bien que de nombreux parcours soient aujourd’hui clôturés, les éleveurs, parfois appelés « éleveurs-bergers », possèdent des compétences particulières pour conduire leur troupeau en extérieur dans les milieux naturels. Cette compétence permet d’optimiser la consommation des ressources spontanées en conduisant le troupeau dans les bons quartiers de pâturage selon les saisons, le moment de la journée, le climat... Les éleveurs sont souvent accompagnés dans la conduite et la garde des animaux par un chien de troupeau. Ces animaux, génétiquement prédisposés à cette tâche, sont éduqués depuis tout petit pour travailler aux ordres de l’éleveur sur des brebis, des chèvres ou bien des vaches. Savoir éduquer un chien est aussi un vrai savoir-faire pour l’éleveur.

Les formations spécifiques chien de troupeau

Des formations spécifiques sont délivrées en formation agricole ou bien en formation courte. Des sessions régulières permettent à des éleveurs de venir travailler avec leur chien pour qu’un formateur les guide au mieux dans ce travail d’apprentissage réciproque chien-éleveur.

La transhumance

Définition

La transhumance, du latin trans, « au-delà », et humus, « terre », consiste à déplacer de façon saisonnière un troupeau sur des distances plus ou moins longues. Elle peut être qualifiée « d’estivale » lorsque les animaux gagnent des pâturages d’altitude souvent qualifiés d’estives, ou « d’hivernale » lorsque les animaux descendent dans les plaines pour profiter d’un climat plus doux. L’objectif pour le berger : trouver de quoi alimenter son troupeau en profitant des décalages de développement de la végétation.

L’estive désigne aussi bien la période estivale durant laquelle les troupeaux gagnent les pâturages de montagne que les pâturages en eux-mêmes.

La transhumance est une pratique traditionnelle directement liée au pastoralisme qui s’accompagne d’un ensemble de rituels et de savoir-faire spécifiques comme les fêtes d’estive, la pose des cloches dites « sonnailles », le marquage et la décoration des brebis (tonte, pompons).

Sur l’estive, les brebis passent la nuit au sein d’un parc de nuit et les déjections sont ramassées régulièrement et mises en sac. C’est le « migou ». Cet amendement très recherché par les maraichers ou les particuliers pour fertiliser les potagers est vendu par le berger. Cette pratique fait directement écho aux anciennes « nuits de fumature ».

Tradition d'hier et d'aujourd'hui

A l’apogée de la transhumance sur les Causses et Cévennes, c’est plus de 100 000 brebis qui venaient profiter des estives, les troupeaux venant majoritairement des grandes plaines languedociennes. Bien qu’ayant subi un fort déclin, la transhumance est encore bien présente aujourd’hui et un bon nombre d’éleveurs transhument encore en partie à pied en suivant les drailles (les chemins traditionnels de transhumance).


Les milieux pâturés sont très variés et grâce aux bergers, les troupeaux de brebis allaitantes s’y alimentent. Ils constituent une ressource essentielle pour l’équilibre économique des élevages transhumants des Causses et Cévennes.

Tous les élevages pastoraux ne sont pas transhumants ! Sur Causses et Cévennes la grande majorité des éleveurs sont sédentaires : les troupeaux pâturent sur la ferme mais ne transhument pas. 

En quelques chiffres

  • Une centaine d'éleveurs
  • 20 000 brebis
  • 20 estives collectives
  • 6 000 ha
  • de mi-juin à mi-septembre

En savoir plus

Le brûlage pastoral

Historiquement, les bergers qui conduisaient les troupeaux brûlaient régulièrement des amas buissonnants pour limiter l’envahissement des parcours et favoriser la végétation herbacée.

Les bergers avaient une connaissance importante de cette pratique qu’ils maîtrisaient finement, d’autant plus que les surfaces brûlées étaient très localisées. La forte densité humaine sur ces espaces pastoraux permettait d’assurer la bonne réalisation et surveillance du brûlage et une bonne transmission de la pratique.

Aujourd’hui, la pratique est toujours présente même si elle peine à être transmise et perpétuée dans de bonnes conditions, notamment à cause du nombre de praticiens beaucoup plus faible. De plus, cette pratique a évolué, avec notamment des surfaces brûlées plus grandes et plus difficiles à conduire.

Les éleveurs se confrontent aussi à de nouveaux enjeux comme le regard de la société face au dégagement de fumées et de CO², ou les inquiétudes au sujet des impacts sur la biodiversité et le paysage. Pour autant, cette pratique est bien encadrée et doit être déclarée par l’éleveur qui réalisera son brûlage dans le respect de l’arrêté préfectoral de son département.

Enfin, des actions et projets permettent de soutenir les éleveurs pour pérenniser le recours à des brûlages dans de bonnes conditions. Enfin, cette pratique est aujourd’hui reconnue, dans le cadre de brûlages dirigés gérés par les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), comme un outil de prévention contre les incendies.

Le brûlage dirigé permet d’entretenir des espaces dits « coupe feu ». En limitant la masse de combustibles par un brûlage préventif, les incendies encourus sont moins puissants et plus facilement maîtrisables. Des cellules « brûlage dirigé » permettent de prioriser annuellement les zones qui bénéficient d’un brûlage dirigé encadré par le SDIS.

Le chien de protection

De plus en plus, en réponse à l’arrivée du loup sur le territoire et au développement de ses effectifs, les éleveurs sont contraints de déployer différents systèmes de protection pour limiter le risque de prédation.

Au-delà du renforcement de la surveillance, des parcs de nuit, ou de la pose de clôtures, les éleveurs peuvent avoir recours à des chiens de protection. Faire le choix d’acquérir un chien de ce type n’est pas simple pour les éleveurs car cela génère une inquiétude supplémentaire vis à vis de la cohabitation avec d’autres usagers des espaces de parcours. De plus, c’est un savoir-faire spécifique que d’accueillir un chiot, futur chien de protection dans son troupeau et d’en assurer l’éducation.

Un réseau d’éleveurs référents « chien de protection »

L’Institut de l'Élevage (IDELE) mène un travail important pour professionnaliser le travail des éleveurs avec les chiens de protection. Un réseau de référents éleveurs maille le territoire et permet d’apporter des conseils adaptés depuis l’achat du chiot jusqu’au travail avec le chien au sein de chaque exploitation. Des ressources techniques sont aussi mises à disposition. Ce réseau contribue à la montée en compétence des éleveurs et à une meilleure génétique des chiens.

Et le « patou » ?

Le patou ou Montagne des Pyrénées, correspond à une race spécifique de chien de protection, aujourd’hui la plus représentée en France. D’autres races existent et peuvent être utilisées par les éleveurs comme le Berger d’Anatolie dit Kangal originaire de Turquie ou le Berger des Abruzzes d’Italie. Aujourd’hui, 24 races de chien de protection sont reconnues par la Fédération Cynotechnique Internationale !

Les soins par les plantes

Enfin, certaines plantes locales, comme l’hellébore ou la vipérine, sont encore employées sur les troupeaux en raison de leurs vertus, notamment dermatologique pour l’une, pectorale pour l’autre.