Logo - Entente Interdépartemental entre Causses et Cévennes

Fermer

EN ES

Fermer

Les Gorges

Accueil Comprendre Le paysage

Les gorges emblématiques des Causses et Cévennes se rencontrent sur les zones calcaires où le travail d’érosion sur le socle karstique est à l’origine d’entailles profondes. Les gorges du Tarn et les gorges de la Jonte sont les plus spectaculaires par leur encaissement et leur étroitesse générant des paysages abrupts grandioses. Elles accueillent par ailleurs un riche patrimoine historique et des versants aménagés en terrasses, aujourd’hui essentiellement reliques suite à l’abandon de l’activité agricole au profit du tourisme. Les vallées intérieures marquent quant à elles les transitions entre les massifs. Elles accueillent les cités historiques et forment des couloirs de communication. Leur géologie comme leurs paysages sont diversifiés et on y trouve un patrimoine historique encore bien préservé.

01 . Géographie 02 . Agropastoralisme 03 . Paysage 04 . Implantation humaine

Géographie 

Les gorges sont des unités paysagères intimement liées aux causses car issues du long travail d’érosion des rivières traversant la table calcaire et creusant la roche sur plusieurs centaines de mètres.

Les gorges du Tarn et de les gorges de la Jonte, qui détourent le causse Méjean, sont parmi les plus importantes gorges des Causses et offrent des paysages particulièrement remarquables.

Plus confidentielles, sous le flanc ouest de l’Aigoual et du Lingas, les gorges très reculées des rivières de la Dourbie et du Trévezel séparent le petit causse Bégon du causse Noir et du causse de Blandas.

Agropastoralisme

Les gorges étaient historiquement liées à l’économie des Causses par un système d’échange de produits agricoles. En effet, les causses fournissaient la laine et le blé, alors que les gorges apportaient les cultures maraîchères ou fruitières, le vin, les moulins et l’eau pour l’abreuvement des troupeaux. Les nombreux « chemins de la farine » reliant causses et gorges témoignent de ces anciens échanges et de la complémentarité de ces deux territoires. Sur le Tarn, la batellerie permettait également l’exportation des marchandises vers les vallées en aval.

A partir de la moitié du XIXème siècle, les changements sociétaux bouleversent l’économie agricole et l’équilibre des échanges. Puis, le désenclavement des gorges au début du XXème siècle par l’ouverture de la route départementale réoriente l’activité vers le tourisme, tirant partie de l’attractivité des paysages et villages pittoresques. Cette mutation marque alors une rupture définitive avec les systèmes d’échanges traditionnels.

Les gorges conservent encore les traces de ce passé agricole par la présence de nombreuses terrasses reliques sur le versant exposé sud, propice aux cultures. L’aménagement des pentes en terrasses permettrait de compenser l’étroitesse des fonds de vallée qui, de fait, offraient peu d’espaces cultivables. Le brusque déclin des pratiques agricoles a entrainé un abandon rapide de ce terroir de terrasses, particulièrement difficile à entretenir compte-tenu des pentes escarpées ; il tend aujourd’hui à disparaître malgré la réintroduction de vignes ces dernières décennies.

Paysage

Gorges du Tarn

Les gorges du Tarn, entre le causse Méjean et le causse Sauveterre, sont particulièrement impressionnantes par leur étroitesse, la hauteur vertigineuse des pentes escarpées qui forment des défilés remarquables entre les deux tables caussenardes. Les corniches abruptes forment des balcons et belvédères spectaculaires sur l’étroit canyon. Les vallées resserrées et isolées sont marquées d’un riche patrimoine historique, avec de nombreux villages d’origine médiévale. L’adret (versant exposé sud) témoigne du passé agricole avec d’importants aménagements en terrasses aujourd’hui reliques. Le Tarn, en amont des gorges est bordé de plages de galets, puis se resserre en aval de Sainte Enimie, dans des passages étroits spectaculaires dénommés « les détroits », où la rivière serpente entre les parois rocheuses.

Gorges de la Jonte

Les gorges de la Jonte, entre le causse Méjean et le causse Noir, offrent des corniches vertigineuses en balcon, qui sont le lieu de nidification privilégié des colonies de vautours. Moins aménagées que les gorges du Tarn, elles offrent un paysage de canyon sauvage dont la vallée est restée très peu habitée. L’ubac (versant exposé nord) est recouvert de pineraies alors que l’adret, aride et colonisé par le buis ou le chêne blanc, donne à voir d’anciennes terrasses reliques. Sur les corniches, les vases de Sèvre et de Chine, impressionnants rochers sculptés dans la roche, sont de véritables monuments naturels. La rivière de la Jonte est peu accessible et discrète sous une abondante ripisylve en contrebas de falaises abruptes. Dans sa partie amont, elle disparaît sous le réseau karstique, avant sa résurgence sous le hameau des Douzes, puis sa présence devient plus marquée au Rozier avant sa confluence avec le Tarn.

Implantations humaines

Les villages sont relativement présents dans les gorges du Tarn et très rares dans celles de la Jonte.  Ils sont implantés au pied des versants, souvent dans les méandres, profitant d’un élargissement et d’une communication facilitée avec les plateaux. 

Dans les gorges du Tarn, ils sont essentiellement d’origine médiévale et offrent un remarquable patrimoine de bâti ancien : maisons villageoises resserrées et imbriquées, habitat semi-troglodyte, anciens moulins, monastères, petits châteaux, rues caladées et ponts historiques sont autant d’éléments attractifs et pittoresques.

La topographie difficile était à l’origine d’un important isolement, entraînant une forte dépendance à l’agriculture vivrière. Les indispensables terrasses et jardins aménagés complète l’habitat rural des gorges.

Le développement touristique est à l’origine de nouveaux aménagements destinés à l’accueil des visiteurs, notamment les nombreux campings installés sur les rares terrasses alluviales autrefois cultivées.