Alors que le plan de gestion 2022-2030 du Bien Causses et Cévennes est en phase de validation, la France a sollicité une mission d’expertise de l’ICOMOS, qui est l’organisme de conseil de l’UNESCO pour les biens culturels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Dans un contexte d’urgence climatique incitant la France à accélérer sa transition énergétique, le déploiement des énergies renouvelables fait actuellement débat au sein de la gouvernance du bien. En effet, ces installations peuvent induire des changements de pratiques agropastorales et entraîner des modifications notables du paysage, questionnant le caractère évolutif du paysage culturel et la conciliation des politiques publiques environnementales dans leurs différentes dimensions.
2 expertes ont donc mené une mission d’accompagnement du 27 au 30 janvier 2026 sur le territoire du bien Causses et Cévennes. Leur rapport est attendu pour le mois d’avril.
Cristina Castel Branco, originaire du Portugal, et Maya Ishizawa Escudero, originaire du Pérou, toutes deux expertes en matière de paysage et de pastoralisme, ont été mandatées par l’ICOMOS pour effectuer cette mission. Celle-ci a porté sur les points suivants :
- Évaluer dans quelle mesure la préservation du bien et de sa VUE est compatible avec les objectifs de transition écologique et énergétique, en tenant compte du contexte géopolitique et de l’urgence climatique actuelle
- L’analyse et l’interprétation des changements de pratiques agropastorales susceptibles d’impacter les structures paysagères, en tenant compte du caractère évolutif et vivant du bien ; clarifier les conditions et limites de ces changements et les modalités pratiques de leur mise en œuvre afin de garantir la conservation du paysage.
- Formuler des recommandations pour l’adoption d’un plan de gestion intégrant les enjeux liés à la question foncière et à l’usage des sols, en s’appuyant sur la Déclaration de Vlaeur Universelle Exceptionnelle du bien.
Pendant 3 jours, les expertes ont rencontré, en salle et sur le terrain, de nombreux acteurs, notamment :
- des responsables de l’État déconcentré (Préfectures / Sous-Préfectures, services de la direction régionale en charge des paysages et des projets d’énergie renouvelable (DREAL), DDT, services de la direction régionale des affaires culturelles en charge des patrimoines (DRAC, UDAP) ;
- des élus et techniciens des Départements partie-prenantes du bien ;
- les cogestionnaires du bien (Parc national des Cévennes, Parc naturel régional des Grands Causses, CPIE des Causses méridionaux, Grand Site de France des Gorges du Tarn de la Jonte et des Causses, Grand Site de France du Cirque de Navacelles) ;
- des élus de collectivités territoriales concernées par des projets industriels de développement d’énergie renouvelable et des porteurs de projets ;
- des représentants des chambres d’agriculture partie prenantes du bien ;
- des membres du conseil scientifique du bien.
Outre la question des énergies renouvelables, d’autres sujets saillants ont été évoqués : la gouvernance, la Politique Agricole Commune, la préservation du petit patrimoine vernaculaire...
Le rapport, qui sera relu et amendé par un large panel d’experts de l’ICOMOS, doit être remis 2 mois après la fin de la mission. Il devrait comporter un certain nombre de recommandations faites à l’État-partie pour la préservation de la VUE du bien et de ses attributs.
L’EICC remercie vivement l’ensemble de ses partenaires qui se sont rendus disponibles à l’occasion de cette mission.


