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Les milieux ouverts

Accueil Comprendre L'agropastoralisme

La biodiversité et les milieux ouverts

un patrimoine fragile dépendant du pastoralisme

Les milieux ouverts des Causses et Cévennes ont été façonnés depuis des millénaires par l’activité des éleveurs pastoraux.

Les causses constituent l’un des plus vastes ensembles de pelouses sèches en France et en Europe. Leur forte valeur patrimoniale est amplifiée par ce caractère d’exception.

Ces milieux abritent une biodiversité très riche qui leur est inféodée et qui fait partie des attributs du Bien identifiés au moment de l’inscription des Causses et Cévennes au patrimoine mondial. Par exemple, les pelouses calcaires et dolomitiques pâturées abritent le Thym de la dolomie, l’Ophrys d’Aymonin, l’Orchys d’Aveyron et de nombreuses autres orchidées. On peut aussi citer d’autres espèces comme l’Armérie de Girard (Armeria girardii), l’Aster des Cévennes (Aster alpinus subsp. Cebennensis), le stipe penné (Stipa pennata), le Seslérie (Sesleria caerulea), la Raiponce délicate (Phyteuma tenerum).

Ces milieux exceptionnels constituent des habitats reconnus d’intérêt communautaire (IC) et couvrent 64 % de la zone inscrite avec 36 sites Natura 2000.

Un habitat d’intérêt communautaire (IC) est un habitat naturel, terrestre ou aquatique, en danger ou ayant une aire de répartition réduite ou constituant un exemple remarquable de caractéristiques propres à une ou plusieurs des neufs régions biogéographiques et pour lequel doit être désigné une Zone Spéciale de Conservation. Les habitats d’IC sont notamment présents au sein des sites Natura 2000.

Directive européenne « habitats naturels, faune, flore »
Les milieux ouverts sur le territoire
Paysage - Entente Interdépartementale entre Causses et Cévennes

31 % de ces surfaces correspondent à des prairies semi-naturelles utilisées comme parcours. Les gestionnaires de sites Natura 2000 s’appuient donc sur l’activité des éleveurs pastoraux pour maintenir le bon état de conservation de ces habitats. Dans cette optique, les éleveurs peuvent bénéficier d’une aide financière appelée Mesure Agroenvironnementale et Climatique (MAEC) afin de maintenir des pratiques pastorales favorables à ces milieux. Différents opérateurs locaux pilotent des Plans Agroenvironnementaux et Climatiques (PAEC) qui leur permettent de gérer les contractualisations, les diagnostics et les suivis relatifs aux MAEC auprès des éleveurs qui peuvent s’engager tous les 5 ans.

D’autres habitats, sans être classés comme habitat d’intérêt communautaire, sont des milieux fragiles, riches en biodiversité, et qui ont besoin du travail des éleveurs pour rester dans un bon état de conservation. C’est le cas des pelouses calcaires « ononidion » du causse Méjean par exemple.

Au niveau européen, les formations herbeuses comptent parmi les habitats les moins bien conservés, avec seulement 13 % d’évolution favorable en 2012. Au niveau national, un rapport sur l’état de conservation des habitats et espèces1 révèle que les milieux d’intérêt communautaire agropastoraux sont en régression. Les prairies naturelles de fauche, les prairies humides, les pelouses calcicoles et les pelouses sèches à orchidées montrent un mauvais état de conservation pour 53% des évaluations. Les raisons principales invoquées : la déprise agricole et l’extension des cultures céréalières.

Localement, l’observatoire du territoire des Causses et Cévennes a pu mettre en évidence une baisse de 7% de la SAU entre 1988 et 2010 qui impacte très fortement les surfaces pastorales (-17 %) alors que les prairies productives et les cultures fourragères ont augmenté respectivement de 36 et 48 %. 

Plusieurs projets multi-partenariaux menés à l’échelle du Bien Causses et Cévennes se sont appuyés sur cet état de fait. Au cours de ces projets, les acteurs locaux se sont mobilisés autour de dispositifs visant à une meilleure préservation des habitats et des espèces des milieux ouverts au travers des systèmes pastoraux (LIFE + Mil’OUV) mais aussi des initiatives locales favorables au maintien de l’agropastoralisme (HNV LINK H2020, RUR’UP Erasmus+).